C'est un roman qui avance comme thèse principale: Le rêve, pris dans son sens le plus large, forme la toile de fond de la réalité. Celle-ci, pour commencer, épouse des contours, des allures et des aspects incertains qui nous rappellent le caractère éphémère du rêve.
Nous avons tous de rêves que nous aimerions concrétiser. L’auteur de ce roman se demande si une telle concrétisation tombe facilement dans le domaine du possible Il soulève cette question parce qu’il pense souvent que le rêve, pris dans son sens le plus large, forme la toile de fond de la réalité. Celle-ci, pour commencer, épouse des contours, des allures et des aspects incertains, semblables aux caractères éphémères du rêve, à ses apparences précaires et déroutantes, donnant d’abord lieu d’espérer et, d’un revers de fortune, montrant un visage grimaçant. L’auteur se demande, à cause des incertitudes de la réalité, de la vitesse parfois ahurissante de ses métamorphoses, s’il mérite cette vie de plénitude, de béatitude et d’aisance dont il jouit depuis plus de deux ans; s’il mérite cette joie indescriptible d’enseigner la philosophie à l’université, l’éthique à l’école des adolescents; remplir la fonction d’associé au Laboratoire Légal où des érudits font des prodiges de valeur dans la pratique de la science juridique.
Excerpt
Oui, la vieillesse est débile, impotente, dépouillée d’énergie, comme tu l’as souligné. Ce rappel, je te l’accorde. Mais la conscience de sa propre vieillesse et de la réalité demeure intense (et même plus intense qu’au moment de la vie active).
« On est là en face de soi-même avec ses souvenirs. La vieille personne a le temps de réfléchir sur ses actes de jeunesse, sur ses relations personnelles avec les membres de sa famille, avec ses anciens collègues, ses supérieurs et ses subalternes au lieu de travail, avec le reste de la planète. La personne arrivée à la vieillesse serait malheureuse en sachant qu’elle a définitivement perdu des opportunités de se rendre utile, d’accomplir des actes de générosité, d’amour, d’entraide. Si elle n’a pas contribué à un accroissement positif autour d’elle, elle penserait à sa vanité, au fait d’avoir existé pour végéter, pour s’approprier des biens, des richesses, laisser les autres sans rien et causer des maux aux autres.
« Donc pour maintenir une grande sérénité, une certaine joie de clôturer sa journée vers l’au-delà, il faut avoir vécu en sage, en homme de cœur, de compréhension, d’abnégation, de caractère et de modération. Autrement, le vieillard s’asseoit dans sa dodine morose, rempli de remords et de regrets au sujet des opportunités positives perdues pour toujours. Par ainsi, Henriot nous rappelle que cette vieillesse heureuse se prépare dès l’adolescence, s’intensifie et se mûrit à l’âge adulte. Quand viendra la vieillesse, il sera ou bien trop tard pour recommencer ou bien à point pour cueillir les fruits de merveilleux souvenirs. »
Les deux amours d’Henriot
De « Le rêve, sous l’empire de l’amour »
Par Antoine Archange Raphael
Henriot agit sous l’empire de deux amours : celui des idées et celui d’une fleur ayant nom Pamela Julien.
Le premier, Henriot sait là où il habite : à l’université, chez ses amis invisibles (les auteurs vivants ou disparus), dans le commerce des esprits.
Le second se cultive dans le parterre d’une famille riche à millions. Il s’incarne dans la personne d’une fleur spéciale, belle, ravissante, mais ayant un cœur et une volonté. Elle ne se laisse pas cueillir. Elle s’offrira à qui elle voudra.
Ces amours guideront les pas d’Henriot dans la trame de son histoire.
Ses goûts pour la philosophie le tireront des griffes du suicide qui l’a convoité comme un vautour le ferait devant un moribond. Heureusement, cet homme a pensé que le suicide comme l’amour, la passion, la démocratie, l’anarchie, le libéralisme et touts les grands thèmes de l’histoire humaine, mérite d’être soumis à la critique philosophique. Alors, Henriot, avant de passer à l’acte, discute avec lui-même la problématique du suicide. Chemin faisant, il découvrira qu’il y a tant de façons dans le monde d’être heureux, de connaître la joie de vivre : dans le métro, il voit une femme, au visage épanoui qui arrose une bouchée de pain noir d’une gorgée de café tiède ; un homme qui sourit aux idées captivantes d’un livre. Dans la rue, il avise ces enfants qui se disent des bagatelles ; cette adolescente qui se déforme le visage mignon de son doigt charmant, à l’attente du feu vert ; le train qui arrive dans la station bondée de navetteurs, l’autobus, la ligne des voitures... Mais, c’est ça la vie !
Oui, il y a tant de manières de vivre et d’appartenir à l’histoire humaine. Alors pourquoi se jeter dans les bras du suicide, source de néant, un trou noir sans consistance ?
Son deuxième amour (entre autres pour Pamela Julien) le garde dans un état de pureté qui lui vaut le titre de moine sans l’habit. Certes, il réalise son attraction sur les femmes, mais il s’en alarme. Il se demande si une manifestation amorale en ce sens ne le pousserait pas aux limites extrêmes ? Il causerait alors dommage à lui-même. Ce serait la ruine de ses rêves de bonheur, la fin de son intégrité et de ses projets d’avenir. Il diminuerait certainement sa chance d’apprivoiser le cœur de « sa déesse.»
Heureusement, il ne cesse jamais d’être une personne humaine, un être pensant susceptible de se replier sur lui-même, de se regarder agir, par anticipation avec les yeux de l’esprit, et de se prononcer sur la tournure éventuelle de son avenir au cas où il agirait dans un sens plutôt que dans un autre. Alors, son second amour et son guide intérieur, cette petite lampe, le placent face-à-face avec ce genre de dandysme auquel l’invitent des femmes rencontrées à l’université, au travail, par hasard dans les magasins et les coins de rue, il ne l’aime point : ces déesses amoureuses lui demandent uniquement de remplir l’office d’un pantin sexuel, d’un agent de plaisir.
L’amour de Pamela lui suffit amplement.
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Antoine A Raphael
After losing her boyfriend in a accident, Alecia believe she's been seeing him. But that can't possibly be? When Brayden reveals himself, or his soul, he asks her of a favor. But when that favor leads to her revealing feelings for her dead boyfriends