La quatrième édition française de "Le drame haïtien". Il y en a une version anglaise intitulée: "The Haitian Drama, history taking the wrong turn"
L’auteur part de l’idée selon laquelle le « drame haïtien », vu sous l’éclairage des explications classiques de la situation, nous mène à la conclusion suivante : Haïti n’a aucune part de responsabilité dans son triste sort. Elle tombe simplement victime d’une tournure inquiétante de l’histoire. L’auteur, en effet, se penche sur ces explications classiques du drame : l’héritage colonial négatif, le sous-développement économique résultant de conceptions erronées et de lamentables pratiques, et l’ingérence des pays étrangers dans les affaires internes du pays. L’auteur se demande toutefois si ces explications, au lieu d’élucider le drame, ne jouent pas plutôt le rôle d’échappatoires. Contrairement à ce que pensent beaucoup, « Le drame haïtien, une tournure inquiétante de l’histoire» décrit la détresse de toute communauté qui donnerait dans une impasse similaire à cette nation antillaise. Une telle détresse a retenu l’attention de Socrate et de Platon qui, dans « La République » et « La Loi », ont pris une collectivité humaine pour un ensemble, un corps ayant une tête et d’autres parties. Naturellement, la tête décide de l’allure des parties. Quand elle se désoriente, les parties souffrent aussi. En d’autres termes, l’essai souligne le rôle de l’élite dans le développement d’une nation. Quand cette élite croit sincèrement dans son rôle prométhéen et légitime à jouer au sein de la nation, celle-ci évolue comme un organisme viable répondant à l’image platonicienne d’un corps sain dans un esprit sain. Quand cette élite, pour une raison ou une autre, plonge cependant dans la corruption, l’illégitimité, la désorientation, la coercition et les abus injustifiés, la nation épouse les contours d’une entité déstructurée ou acéphale.
Excerpt
En d’autres termes, les traditions se confondent avec des valeurs du passé que nous voulons conserver coûte que coûte ; mais souvent elles gênent plus qu’elles n’aident et entravent la réalisation des plans d’avenir.
Dans bien des pays, des conservateurs ont adopté un parallélisme social rigide : les riches demeurent riches ; les pauvres demeurent pauvres. Ils n’encouragent point les transferts de classes. Ils détiennent le pouvoir pour assurer la mise en application des valeurs morales traditionnelles, qu’elles répondent ou pas aux changements sociaux constants. Une telle recette politico-économique mène tout droit à la catastrophe, aux souffrances, à l’injustice et aux conflits irrésolus. D’un côté se dressent les détenteurs de valeurs autoproclamés ; de l’autre s’affirment les masses et les autres couches sociales désireuses d’escalader les barrières sociales et économiques.
Et même des sociétés viables et considérées comme dynamiques dorment au bord d’une catastrophe toujours plausible à cause de la persistance et du maintien dans leur sein de vieilles traditions délétères.
Le pays de Lincoln, par exemple, en a deux : le racisme et le port d’armes. Le premier remonte au temps de l’esclavage ; le second, à l’époque des cowboys qui vidaient leurs disputes à coups de revolvers.
Evidemment, des américains de bonne volonté ont essayé de réduire le port d’armes dans le pays, mais des concitoyens et concitoyennes maintiennent farouchement leur droit de posséder des armes à feu, un « droit assuré par la Constitution ».
Leur protestation, naturellement, exprime une échappatoire pour continuer à savourer une tradition aussi mortelle.
Une constitution ne représente pas un document immutable, écrit sur une plaque d’acier trempé. Elle peut s’amender. En somme, bien d’articles de la Constitution américaine ont connu des amendements ou été soumis à la critique. Un exemple de cette nature a eu lieu récemment. Des sénateurs et députés ont exprimé leurs vœux d’apporter un changement à la Constitution au sujet du mariage, dans l’intention de protéger cette institution dans sa nature originelle : l’union d’un homme et d’une femme. Malgré tout, d’autres parlementaires ont exprimé leur réticence d’accepter un tel amendement en ce qui concerne le port d’armes à feu, d’une nature de beaucoup plus mortelle que le mariage homosexuel.
Si le mariage consacre initialement le rapprochement de deux cœurs qui s’aiment, les homosexuels et les lesbiennes vivent de facto comme des mariés, que la loi le veuille ou pas ; car ils partagent le même lit et les mêmes intérêts. Cependant, si une tradition expressément établie pas la constitution se révèle mortelle ou dangereuse à la société, elle devrait être ou bien bannie ou bien modifiée pour la rendre graduellement moins pernicieuse.
Dans le même ordre d’idée, des arguments ont été soulevés par des américains contre des amendements constitutionnels aux Etats-Unis, qui pourraient mettre un frein aux abus criards causés par des traditions nocives.
chapitre 13, page 235
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La signification de
« Le drame haïtien, une tournure inquiétante de l’histoire »
Un essai d’Antoine Archange Raphael
Antoine Archange Raphael
L’auteur est au courant des explications classiques du drame : l’héritage colonial négatif, le sous-développement économique résultant de conceptions erronées et de pratiques lamentables, et l’ingérence des nations étrangères dans les affaires internes du pays.
Ces explications, au lieu d’élucider le drame, jouent plutôt le rôle d’échappatoires.
Contrairement à ce que pensent beaucoup, « Le drame haïtien, une tournure inquiétante de l’histoire » décrit la détresse de toute communauté qui donnerait dans une impasse similaire à celle de cette nation antillaise.
Une telle détresse a retenu l’attention de Socrate et de Platon qui, dans La République et La Loi, ont pris une collectivité humaine comme un ensemble, un corps ayant une tête et d’autres parties
Mais la tête décide de l’allure des parties. Quand elle est malade, les parties souffrent aussi.
En d’autres termes, cet essai concerne le rôle de l’élite dans le développement d’une nation.
Quand cette élite est sincère, prométhéenne, la nation évolue comme un organisme viable répondant à l’image platonique d’un esprit sain dans un corps sain.
Cependant, quand cette élite plonge dans la corruption et la désorientation, la nation épouse les contours d’une entité déstructurée ou acéphale.
Dans la deuxième perspective, elle donne tout droit dans la faillite.
En l’absence d’aucun remède de rénovation, la collectivité affectée gonflera les rangs de celles qui maintiennent une crise chronique en leur sein, d’une génération à l’autre.
Naturellement, que l’on prenne en considération les sociétés dites primitives ou modernes, elles nourrissent en leur sein une constante effervescence, génitrice consciente ou pas de changements.
Quelle est la nature de ces changements ?
Sont-ils identiques ou même similaires les uns aux autres ?
Selon l’auteur, il faut les repartir en deux catégories.
Une première décrirait seulement ceux qui dépendent de l’action du temps et de la nature.
Une seconde trahit une initiative manifeste et voulue des hommes et des femmes en vue de changer les données de la réalité.
Les communautés, bénéficiaires seulement de changements passifs, donnent l’impression de rester immobiles. L’auteur les désigne sous le nom de communautés à sang froid.
Alors les communautés à sang chaud, dans la perspective de l’auteur, transcendent ce type de situation statique, ce genre de changement mécanique. Elles deviennent impatientes à l’endroit de cette évolution lente de l’histoire. Elles mordent sur le temps, affrontent l’avenir et accomplissent des merveilles, malgré les difficultés imposées par un ordre apparent de choses.
Dans le cas d’Haïti, l’auteur a détecté également un handicap causé par la persistance des traditions dans ce pays, une forte tendance même de retenir le passé dans la vie courante.
Selon moi, l’humanité gagnerait à minimiser le recours aux traditions. Car celles-ci appartiennent au passé, tandis que les besoins de l’humanité sont actuels, pressants. Comment résoudre les problèmes du présent avec des recettes d’action révolues ?
Ces traditions, comme elles appartiennent au passé, pour se maintenir au présent, ne manquent pas de créer des situations déplaisantes et dangereuses. La preuve en est bien grande, même une nation développée comme les Etats-Unis d’Amérique porte difficilement le fardeau de deux dangereuses traditions : le racisme (une conséquence de l’esclavage) et le port d’arme (une persistance de la vie des cowboys).
Ces deux traditions nuisent à un plus grand épanouissement de cette nation et empêchent celle-ci de devenir un paradis à ses habitants et au reste du monde.
Ce livre, ainsi que sa version anglaise, peut se procurer en visitant www.lulu.com.
Democratic Dilemmas and Divine Inspiration examines the significance or relevance of the idea that the U.S. Constitution was, as many believe, divinely inspired. How much did that belief matter to founders of the nation and how much does it matter no
Democratic Dilemmas and Divine Inspiration examines the significance or relevance of the idea that the U.S. Constitution was, as many believe, divinely inspired. How much did that belief matter to founders of the nation and how much does it matter no