La culture que nous avons connue
Je m’étais rendu compte plus d’une fois que la nouvelle génération tunisienne pose des questions qui paraissent à certains agressives, à d’autres provocatrices, je me sens le devoir d’apporter certains éclaircissements. En effet ces jeunes Tunisiens musulmans, juifs, italiens et Maltais et français n’ont pas connu la Tunisie telle que nous l’avons connue, lorsque ces communautés vivaient en tant que voisins de la rue, en tant que voisins de l’immeuble et en tant que voisins de l’Oucala, dans les plages etc.etc... Lorsque les marchands avaient leurs magasins côte à côte, dans le Souk Enhass, dans Sidi Mardoum, à l’Ariana, à la Marsa, à la Goulette, à Rades, à Hammamlif, dans les rues de Nabeul, de Béja, de Bizerte de Ferreville (Menzel Bourguiba, de Sousse, de Sfax, de Gafsa, de Gabes, etc., etc. les diverses communautés vivaient harmonieusement ensemble.
Certaines qui me parraissent innocents demandent encore pourquoi ces communautés sont-elles parties, à l’exception d’une minorité de familles qui est restée. Certains parlent de l’amitié que leurs parents avaient avec des Juifs, d’autres avec les italiens. Ils se demandent pourquoi ces communautés qui avait vécus en Tunisie depuis les Phéniciens et depuis vingt siècles jusqu’à l’indépendance de la Tunisie avaient elles quitté en masse leur terre natale. Pourtant me disent-ils les relations entre les communautés étaient amicales et vivaient en harmonie. Ces questions me montre que les personnes de mon âge cachent, pour une raison ou une autre la vérité à la jeunesse musulmane tunisienne. Par cette occasion je me sens aussi le devoir d’éclairer ceux qui ne le savent pas que:
Dans chaque ville et village de la Tunisie, il y avaient des familles juives, catholiques et autres. Il y reignait une confiance réciproque entre ces communautés à part quelques petits incidents que l’on trouve partout dans le monde.
Je crois que ce qui nous unissait et ce que nous avions en commun dépassait de loin ce qui aurait pu nous diviser. Comme preuve: je peux dire; qu’alors et peut-être aussi aujourd’hui, un Musulman tunisien avait plus en commun avec un maltais, un Juif tunisien ou un français né en Tunisie qu’avec un Musulman de l’Arabie Séoudite, du Yemen, ou même d’Egypte. La Tunisie actuelle est amputée de ses communautés les plus vibrantes et la plus actives. Ce genre de
Communautés avait fait prospérer les pays qui l’avaient accueillie.
Les raisons de leur départ sont nombreuses mais comme je ne vivais plus dans ce pays bien avant l’indépendance, je ne peux rien dire, car je préfère laisser les autres qui étaient présents, nous dire la vérité telle qu’il l’avait vécue ou perçue.
Plusieurs tunisiens souhaiteraient voir le retour des Juifs des italiens des maltais en Tunisie. D’autres voudraient effacer les traces des Juifs des italiens et des français qui avaient vécu en Tunisie. Personnellement je ne crois pas qu’à part une minorité qui retournera, que ceux qui avaient quitté la Tunisie volontairement ou involontairement s’établiront à nouveau en Tunisie. Ils visiteront leurs villes comme touristes. La raison est simple, certains gardent en eux une amertume à cause de certaines expériences qu’ils avaient eu avant leur départ ou qui avaient causé justement leur départ, d’autres parceque leurs âges ne le permet plus, car ce n’est pas facile, après cinquante années d’éloignement et après que chacun avait adopté une nouvelle terre et optés vers des nouveaux cieux. Ma génération espérent, et dans l’intérêt de tout le monde d’œuvrer pour la reconciliation entre ces communautés en général. Je pense qu’il faut semer le bon et le beau partout si nous voulons que notre progéniture trouve un monde plus paisible que celui de nos jours et comme celui que nous avons connu pendant les années d’or. Dans cet esprit je rappèle à nos compatriote musulman tunisiens et les communautés qui vivent à l’étranger que nous sommes tous mieux placé pour promouvoir la Tunisie et sa culture, qui est aussi un bien commun des ces communautés.
Il est aussi contreproductif de laisser les problèmes du Moyen Orient ou de l’islamismes envenimer notre vit paisible.
Après avoir dis ce que je pense, il faudrait encourager la communication libre sans recours à l’intimidation ni à la malice ni à la force de créer la communication comme elle était avant l’indépendance. Les échanges de vues nous guideront vers une meilleure entente et faciliterons un rapprochement des coeurs et des âmes.
Quant aux Américains d’origine tunisenne, je pense que: nous sommes bien placés pour apporter notre savoir-faire et notre esprit de liberté que nous avons acquis sur cette terre, à tous les Tunisiens musulmans, chrétiens et Juifs qui en ont besoin. Nous pouvons faire des miracles en aidant les coeurs assombris par la propagande, par la politique, par l’éloignement. Il faut reconnaître que le changement de culture n’était pas facile pour les familles déracinées. Nous, qui sommes loin de la Tunisie nous comprenons mieux la peine du déracinement de l’être humain, de sa maison et de sa terre qui l’avait vu naître. En finale je dirais: Commençons par un bon couscous et un bon michoui avec un fond de musique d’Ali Riahi, de Raoul Journo ou de Louisa Tounsia, qui pourrait adoucir même les coeurs les plus durs, ça c’est la culture que nous avons connue