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"Nos souvenirs" in French, means "Our Memories"
Pour certains, c’est la maison familiale ou ils ont grandi. Pour d’autres ce sont les amis d’enfance. Certains revoient leur premier amour. Pour moi, c’est l’école perchée en haut sur la montagne que l’ont revoit de temps en temps dans les rêves ou à la campagne. Pour d’autres les plaines et les collines que l’on voit de la Casbah. Pour les personnes sensibles et douces c’est l’école enfantine et la maîtresse qui chuchote les enfants qui viennent pour la première fois au jardin d’enfant. Puis nos pères et grands pères c’est faire une partie de Chkouba ou une partie de belotte autour d’une table au café Bijaoui, ou la promenade lente en groupe de dix, vers Sidi Fraj ou sidi Alaoui. Pour notre génération c’est la communion avec le complet bleu marin, le matin à la synagogue ou à l’église avec son clochet et son coq aux yeux curieux de tous les passants. Ensuite ceux sont les cadeaux que l’on reçoit des membres de la famille. Puis les cigarettes que l’on reçoit avec la bénédiction de nos parents et que l’on distribue à nos amis et à nos copains puis c’est la promenade en carrosse jusqu’à l’oued de Béja et au pont cinquième. Quel évènement, quelle joie s’accaparait de nous tous. Et lorsque on prend un peu de l’âge c’est le souci des examens pour le certificat d’étude, qui signifiait la clé des classes supérieures. Pour nos amis musulmans la réussite au certificat d’étude c’est la dispense de l’armée française. Les Arabes fêtaient cet évènement avec des Youyous, du Tabal et le Mezoued ou la Zokra ‘tambour et du biniou de cornouiller ou flûte. Chez les musicaux ce sont les choeurs d’école, ou le bayout des juifs ou les chants liturgiques ou les chants arabes du malouf ou le classique d’Abdelwahab ou bien les chants que l’on apprenait au Lycée et au cours d’arabe comme
NASSIROU NAH EL MAALI, EL BAADI VA ASSIRA, ANNAH WASSEL BEL HISSANI BESIRATI EL MOSTAQUIMA. Ceux qui n’aimaient l’Arabe préféraient les chansons de notre maître de musique monsieur Angotti. Justement aujourd’hui, ceux-là sont assoiffés de chaque mot et proverbe arabe et collectionnent les cassettes de chansons tunisiennes et arabes.
Nous parlons de la Tunisie et de ses anecdotes, ses personnages que nous avons connus, ses romances platoniques, des kifs que nous avons passé. Nous cherchons à retourner à notre enfance, l’atmosphère que nous avons connue et que nous essayons de reconstituer par différents moyens virtuels sans succès. Même si l’on arrive, ils manquera toujours un petit quelque chose, comme un plat de meloukhia sans sel ou un plat d’Aqueud sans harissa, Malgré tout, nous réussissons à nous rapprocher, certains un peu, d’autres beaucoup et quelques uns pas du tout. L’essentiel c’est de trouver cette ambiance ou atmosphère qui nous mène à l’état d’âme des jours passés dans lesquels nous avons senti les premiers fluides de l’amour. Pour chacun c’est sa ville ou il est né ou la maison qui l’avait abrité. C’est surtout l’atmosphère et la place de notre innocence car c’est elle qui est la plus proche du paradis d’ou nous venions.
Pour d’autres, que ce soient les monts Atlas, l’Himalaya, les Andes, les Alpes ou le désert du Sahara. Pour les tunisiens c’est le Bou kornine, ou le Munchar ou le désert de Zarzis. L’essentiel est de trouver notre étoile, qui nous guide vers le tréfonds de nous-même, qui nous donne confiance en nous même jusqu’à retrouver et rencontrer comme une secousse sismique notre conscience.
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