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L'education des Enfants
Il est indéniable que l’enfant a besoin d’affection : au départ il ne peur la trouver auprès des parents et des proches ; malgré cela, la mère lui accorde son amour, son temps et une attention de tous les instants. Cependant, il ne suffit pas de penser à nos seuls propres enfants. Nous avons à nous pencher sur ceux des autres qui sont appelés à vivre avec les nôtres dans les années qui vont suivre, à la garderie, à l'école, à l'université et en générale dans le monde. Nous avons beau envisager les problèmes de la vie sous tous les angles, nous parvenons toujours au besoin d'une amélioration de la société.
Pascal a dit «Etre un homme c'est une chose dont la plupart ne connaissent pas la valeur».
J’ajoute a cela : Mais quel bonheur d'être un homme connaissant les hommes!
Il est indéniable que l'enfant a besoin d'affection; au départ il ne peut la trouver qu'auprès des parents et des proches; la mère lui accorde son amour, son temps et une attention de tous les instants. Cependant, il ne suffit pas de penser à nos seuls propre enfants. Nous avons a nous pencher sur ceux des autres qui sont appeles a vivre avec les nôtres dans les années qui vont suivre, a la garderie, a l’école, a l’université. Nous avons beau envisager les problèmes de la vie sous tous les angles, nous parvenons toujours au besoin d’une amélioration de la société.
Il nous paraît naturel que l'enfant n'est là que pour apprendre ce que nous lui enseignons. Pourquoi ne pensons-nous pas qu'il comprend bien des choses mieux que nous-mêmes? Nous devrions nous rendre compte que l'enfant est handicapé pour exprimer ses idées; il manque de vocabulaire, il ne connaît pas le sens exact des mots, il ne peut donc pas s'expliquer. Mais cela ne veut pas dire que ses idées ou que ses critiques ne méritent pas considération. Nous ne les connaissons pas pour les approuver ou les rejeter. Il pourrait peut-être parfois s'exprimer correctement mais il ne le fait pas parce qu'il sait que ce qu'il dirait ne nous ferait pas plaisir; il a peur, tout court, et il a peur aussi de Il reçoit peut-être la même éducation que nous avions reçue, celle d'hier et celle d'aujourd'hui que nous sommes nous-mêmes prêts à méconnaître mais que nous préservons précieusement pour nos enfants.
C'est un fait, nous faisons preuve de passivité; nous ne faisons rien pour préparer à la vie de demain les jeunes qui devront prendre la relève et assumer des responsabilités bien plus grandes que celles du temps présent Devons-nous avouer que nous ne sommes pas mûrs pour une telle mission? Et tout d'abord, avons-nous suivi un enseignement pour jouer assumer le roles de parents? Avons-nous seulement appris à inculquer des bases valables sans porter préjudice à la liberté d'un gamin qui ne peut s'abriter que dans la résignation? L'éducation tient une place primordiale dans la courte période de vie de l'enfance. Pouvons-nous soutenir que ce problème ait été étudié comme il le mérite? Cer¬tainement pas! Pouvons-nous prétendre que nos enfants soient préparés pour la vie de demain? Encore moins! Les enfants reçoivent de leurs aines des bases d'éducation qui ont été transmises de génération en génération. Autant dire qu'elles n'ont pas évoluées et qu'elles ne sont adaptées ni au temps présent ni au monde de demain. Des pédagogues d'avant-garde existent mais ils se gardent bien d'exposer leurs idées pour un changement de méthode;
ils risqueraient d'être traités de contestataires par leurs confrères ou les parents d'élèves, surtout par les parents qui par définition sont traditionalistes. Il faut cependant reconnaître qu'il n'était guère aisé, il y a seulement quelques dizaines d'années, d'établir des méthodes d'éducation qui auraient pu être valables aujourd'hui car le monde a subi une évolution si accélérée qu'elle a laissé loin derrière elle toutes les prévisions. Maintenant que nous connaissons ce rythme de l'évolution dans tous les domaines, nous pourrions, en en tenant compte, jeter des bases solides et durables d'éducation pour les temps futurs. Pour ce faire, nous aurions à prendre en considération l'opinion des experts, de nos remarques faites lors de notre enfance et qui sont restées lettre morte et enfin, pourquoi pas, des critiques que pourraient exprimer les enfants d'aujourd'hui. Nous savons d'avance que les parents seront opposés à tout changement d'une part à cause de leur respect aveugle de la tradition, d'autre part parce qu'ils y verraient une lourde menace à leur autorité. Sous le prétexte de l'amour, ces parents accaparent l'enfant et l’étouffent dans leur sein, mettant ainsi un frein à son épanouissement naturel. Il est grand temps qu'ils admettent que l'enfant n'est ni un bien, ni un jouet. Il est incontestable que nous avons à compter sur la valeur des professeurs à qui nous confions nos enfants et à qui nous devons faire confiance.
Cependant nous ne pouvons nous contenter de la valeur professionnelle d'un pédagogue; elle doit être doublée de qualités affectives. Le tout jeune enfant qui entre dans la garderie n'est pas dépaysé. Il y trouve la même ambiance que sous le toit familial. Les jardinières ont eu un enseignement tel qu'elles considèrent leur tâche comme un sacerdoce. Elles sont pleines d'enthousiasme dans l'exercice de leurs fonctions. Elles aiment les enfants, elles ne les grondent pas, elles ne les punissent pas, elles prennent la peine de leur expliquer ce qu'on peut faire et ce qu'il ne faut pas faire. Elles font preuve de tolérance et surtout de patience. Elles ne font pas de distinction entre les enfants. L'enfant grandit, il est transféré à l'école, dans un autre monde où il ne retrouvera jamais plus l'ambiance dans laquelle il a vécu jusque là. A quelques exceptions près, les professeurs forment un clan et les élèves un autre. Nous ne devons alors compter que sur les seules qualités d'enseignement qui ne sont pas suffisantes pour favoriser l'épanouissement naturel des enfants.
Cpendant certains d'entr'eux s'en contenteront et en tireront bénéfice, les autres pourraient constituer un problème pour la société. Des experts qui n'avaient rien à craindre ont fait part de leurs idées sur les méthodes susceptibles d'être appliquées avec profit. La meilleure paraît être celle de Madame Montessori qui suscite l'envie des études. Il semble logique de ne pas rejeter toute la responsabilité sur les professeurs; ils ont une tâche difficile, très lourde même. Nous ne devons pas croire que nous avons rempli notre devoir en inscrivant nos enfants à l'école. Il nous appartient non seulement de les suivre attentivement dans leurs études mais aussi et surtout de coopérer étroitement avec les professeurs en leur apportant une aide sur laquelle ils comptent Nous connaissons nos enfants mieux que quiconque, il nous revient donc de faire développer leurs facteurs personnels, leurs dons naturels; en conséquence la coopération que nous apportons à ceux qui en ont la charge en dehors du milieu familial est indispensable et ne peut être que fructueuse.
Est-il vraiment nécessaire de maintenir les compositions trimestrielles? Des notes sont attribuées et le classement fait apparaître un premier et un dernier; c'est un bon moyen de faire naître la jalousie et de mauvaises relations entre les élèves. Nous devons nous rendre à l'évidence que tous ne peuvent être premiers. Ne suffit-il pas que le professeur connaisse la valeur de chacun d'eux? Les derniers sont découragés; s'ils ne sont pas secourus ils ne feront aucun effort et traîneront en queue de liste. Il faut éviter qu'ils soient l'objet de mépris, d'être traités de cancres. Pouvons-nous affirmer que des génies n'existent pas parmi ces derniers? Qui nous dit qu'ils n'ont pas besoin d'un petit rien, d'un événement, d'un incident de parcours, d'une simple aide pour éclore. Il nous est interdit de les étiqueter d'une façon définitive.
N'exigerons rien que nous ne soyons nous-mêmes en mesure d'accomplir et surveillons-nous car nous remplissons le rôle d'exemples pour cette graine que nous voulons voir germer dans les conditions les plus favorables. Toutes nos ressources morales doivent être consacrées au résultat que nous estimons comme le meilleur. Une fois convaincus du devoir accompli, nous pouvons consacrer notre temps à des tâches secondaires. Nous pouvons avec la conscience tranquille nous occuper de notre jardin, le bêcher, enlever les mauvaises herbes, l'arroser et y faire pousser les plus belles fleurs. Une fleur, c'est beau mais rien n'est plus beau qu'un enfant. Avec l'enfant c'est un travail similaire que nous avons effectué.
Faire émerger du sol d'imposants bâtiments pour des usages divers, c'est nécessaire mais il n'en est pas moins vrai que nous avons aussi à créer le plus possible d'espaces verts pour les jeux des enfants; il en existe, certes, mais l'accès des pelouses leur est parfois interdite sous prétexte de préserver les fleurs. Une fleur peut repousser mais on ne peut avoir une deuxième enfance. Une enfance perdue peut être la racine d'une vie perdue. La société compterait alors des éléments qui seraient l'objet de problèmes difficiles à résoudre, délinquance, criminalité, alcoolisme, drogue. Ces résultats sont le fruit des mauvais exemples dont les parents sont parfois responsables, mésentente dans le ménage, concubinage, enfants abandonnés à eux-mêmes; triste héritage spirituel en vérité. Et puis apparition dans la progéniture de gènes malfaisants dont les effets sont difficiles à combattre.
L'éducation d'un enfant est un investissement bien plus rentable que les sommes
Énormes qui sont consacrées à la technologie. Nous nous plaignons du mal qui ronge la société d'aujourd'hui; nous le constatons, nous en souffrons et c'est tout Pourquoi ne faisons-nous rien pour que la société de demain ne souffre pas du même mal. Il ne suffit pas de punir les malfaiteurs pour guérir une société. Allons à la racine, à la cause et nous la découvrirons dans la mésentente régnant dans un foyer, dans l'insouciance des parents, dans l'égoïsme de ceux qui ne sont pas dignes d'assumer des responsabilités. Nous en sommes coupables. Aidons l'enfant a vivre son enfance. Respectons son rythme de développement sans tenir compte de l'âge. Ne le précipitons pas dans notre monde avant qu'il ne soit mûr. Laissons-le grandir dans l'insouciance. Il dispose de beaucoup de temps avant d'être mêlé à nos problèmes et à entrevoir ses futures responsabilités. Il aura alors des succès et des échecs aussi, mais il aura acquis de l'expérience qui est à l'origine de la sagesse de nos vieux. Chaque enfant est un monde que nous avons à découvrir.
Toute chose qui naît de son imagination nous fait plaisir. Nous sommes émerveillés par les châteaux historiques mais nous sommes éblouis par le château de sable construit par l'enfant. Tout être humain a sa personnalité dont la valeur présente des degrés divers; l'enfant a la sienne. Nous devons nous garder de la détruire ou de la déformer en usant de notre influence ou de notre autorité. Cette personnalité empreinte de volonté est d'ailleurs difficile à annihiler. Tout essai est en principe voué à l'échec. Tôt ou tard elle aura son indépendance et pourrait se retourner contre nous pour avoir tenté de lui donner la forme que nous souhaitions. Toute entrave de notre part pourrait provoquer des réactions regrettables dont nous aurions à subir les conséquences. L'enfant respectera la volonté d'autrui quand il constatera que nous respectons la sienne.
Un enfant est petit par son physique et jeune par l'âge, cependant il est assez grand pour savoir ce qu'il veut et ce qu'il veut ne nous plait pas toujours. C'est que nous n'acceptons pas ses suggestions et ses critiques; la raison semble résider au fait que nous ne voulons pas avouer que sa logique est souvent plus valable que la nôtre. Notre esprit de justice est soumis à l'influence de nombreux facteurs; celui de l'enfant est clair et transparent, il ignore le tort et surtout le mensonge que nous utilisons pour faire valoir notre opinion. Les arguments mensongers que nous opposons à nos semblables n'arrivent pas à convaincre l'enfant. C'est une erreur de ne pas vouloir admettre qu'il est plus sage qu'on ne le pense.
Copyright Emile Tubiana
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Jane