Au cours de la vie, nous croyons découvrir des vérités. En réalité nous avons affaire à un quelque chose, à des parcelles ou signes de vérité qui nous indiquent que nous sommes sur la bonne voie.
La réunion de ces parcelles nous permet de faire un premier pas en avant, elle nous introduit dans le cadre de l’entité de la vérité que nous commençons à peine à percevoir. Il nous appartient alors de cultiver ces parcelles tout en accumulant de nouvelles pour la révélation finale de la vérité. En d'autres termes, il ne nous est pas possible de parvenir à la vérité sans en connaître la source. La source est à l'opposé de la vérité. Cette source, nous pouvons la joindre si nous sommes capables de lier l'une à l'autre toutes les parcelles de vérité que nous avons accumulées depuis notre plus tendre enfance. La difficulté est d'être en possession de la totalité de ces parcelles sans lesquelles nous perdrions la trace de nos premières années et en même temps celle de notre propre source. Or il est indispensable que nous ayons un lien avec notre source; c'est le seul moyen de permettre la continuité qui nous mènera à la vérité. C'est pourquoi j'accorde à l'enfance une attention que je qualifie de besoin vital.
Nombreux sont ceux qui croient avoir perdu le souvenir de leur enfance avec ses vérités. C'est sans importance, la vie quotidienne nous procure des parcelles de vérité qui nous aident à retrouver celles que nous pensions perdues à jamais.
Nous oublions un ami, un visage mais chaque jour nous en fait connaître de nouveaux. Seule l'ambiance n'est plus la même. Aujourd'hui nous parlons de notre enfance, demain nous parlerons d'aujourd'hui. Chaque jour est une vérité, chaque rencontre nous enrichit, chaque moment nous fait découvrir ce qui est caché en nous. Il suffit d'un événement banal, une pluie, un vent pour réveiller en nous des sentiments nostalgiques. La nostalgie n'est pas un mal mais un état de vérité. Tout comme la tristesse. Ces rares états sont peut-être des états de grâce.
Ceux qui sont neutres aux sentiments ne connaîtront pas la vérité. Parfois nous pleurons sans nous douter de la raison alors que nous pleurons notre enfance, des êtres chers, notre pays. Tôt ou tard, nous comprendrons pourquoi nous avons pleuré. Du reste on croit découvrir quelque chose de nouveau. Moi je me demande d’où viennent les pierres d’une montagne ou carrément la terre qui remplit notre planète. En réalité tout se trouve sur la même place, comme les feuilles de l’ordinateur. Nous travaillons avec un article ou une lettre et nous passons d’une chose à l’autre pour consulter un autre sujet comme référence en gardant devant soi le sujet commencé. Rien qu’en écrivant on découvre les profondeurs de nous-mêmes.
Je ne demande à personne de me comprendre ou de me donner raison ou tort. Ce qui est en nous est destiné pour nous-mêmes et pas pour les autres. Chacun finira par découvrir en lui des nouvelles choses ou des nouvelles pensées ou des nouvelles idées. Toutes les découvertes ont commencé ainsi. En un mot je dirais que la vie est belle et nous avons toute la vie a puiser ses ressources et découvrir ses beautés. J’avais toujours écrit des poèmes qui exprimaient ce que je sentais en moi -même. Personne n’est en mesure d’expliquer certaines choses que l’on ressent. Certaines nous font sentir l’agréable et d’autres nous font sentir par exemple une tristesse ou un malaise sans être en mesure de définir la raison. Notre être veut nous dire quelque chose. Il ne faut pas chercher la raison, elle viendra seule lorsqu’on s’attend le moins. Il faut s’abstenir de vouloir dévoiler ce qui nous n’est pas encore dévoilé. Dans la vie il faut reconnaitre que chaque chose a son temps et chaque temps a sa chose. Le temps viendra pour chaque chose. Comme lorsqu’on veut passer d’une rue a l’autre et on a devant soi le feu rouge. On explique à nos enfants en leur disant « on attend ! » A force de répéter ces paroles, l’enfant apprend à être patient pour son bien-être.
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Chip Bergeron