Il m’a été insinué plus d’une fois que je donnais plus d’importance à la Tunisie qu’au peuple juif et à Israël, tandis que d’autres me disaient le contraire. Depuis plus de dix ans j’ai plusieurs fois écrit dans harissa.com, que je voudrais voir ces deux pays devenir des alliés, sachant que même la Tunisie a été une fois conquise par les arabes et que les Berbères et les juifs se sont battus ensemble contre les arabes. J’ai été attaqué plusieurs fois pour avoir exprimé mes pensées.
Je suis moi-même un fils du peuple juif né en Tunisie et j’avais servi la cause juive lorsqu’Israël avait besoin de mon soutien. J’apporte mon soutien à Israël quand celui-ci est en danger. J’ai cependant un attachement naturel à la terre où je suis né et encore plus un lien historique judéo-tunisien qui date de plus de deux mille ans.
Je sens jusqu’à présent l’humiliation et la peine que l’holocauste avait causées et qui avaient envahi le cœur de chaque juif là ou il se trouve. Le massacre de six millions de juifs avait créé des craintes et des méfiances dans les cœurs de tout le peuple juif. Après la deuxième guerre mondiale les dirigeants et les leaders arabes n'étaient pas á la hauteur de leur tâche et n'étaient pas en mesure de consoler et d'apaiser les esprits juifs angoissés, alors qu’ils avaient vécu en bon voisinage avec les juifs. Un tiers du peuple juif a été massacré ; le monde entier était passif, personne n'avait levé le doigt pour empêcher ce massacre.
Le juif qui jusqu'alors avait vécu parmi les peuples avait perdu le sens de sa sécurité qu’il croyait avoir parmi ces peuples et se voyait ne pouvoir faire confiance qu'à lui même et prendre sa destiné et sa propre sécurité dans ses mains. Il s’était battu d’abord avec les Anglais qui occupaient la Palestine mandataire d’alors pour enfin avoir son indépendance. Les arabes au lieu de voir en lui un voisin ou même un frère en détresse, voyaient en lui un ennemi, alors que c’étaient bien les juifs qui avaient mené une bataille bien orchestrée pour chasser les Anglais de ce qui restait de la Palestine mandataire après que les Anglais avaient créé la Jordanie en amputant la Palestine mandataire de plus que 80% de sa surface, qui avait été une partie intégrale de la Palestine. Il restait donc à Israël moins que 20% du territoire total. Ce combat se faisait en trois actions - l’une diplomatique, l’autre relations publiques et la troisième action se composait de différentes opérations militaires et phycologiques sur des différent fronts.
Les arabes de la région étaient bien contents de trouver du travail chez les juifs. Ils étaient attirés de toute la région environnante par le travail qu’avaient créé les habitants juifs et les premiers immigrants juifs de Russie, des pays arabes, de certains pays du Caucase et de l’Europe de l’est et voyaient en eux un des éléments qui apportent le progrès à la région et fertilisent cette terre aride qui demandait un travail dur et dangereux, surtout dans certaines régions du nord, à cause des marécages qui attiraient les moustiques et les maladies fiévreuses. Les juifs avaient réussi à sécher le lac Houlà.
Par l’influence des Anglais et de leurs leaders corrompus les arabes préféraient combattre ce nouveau voisin alors qu’en ce temps la plupart des terres n’étaient même pas cultivées. Ces leaders cultivaient la haine au lieu de chercher un modus vivendi qui aurait pu faire de la région un paradis au lieu d’un champ de bataille.
Après l’indépendance d’Israël et après que celui-ci avait choisi d’être dans le camp de l’Ouest et pas dans le bloc de l’Est, les pays communistes qui avaient d’abord aidé Israël dans sa lutte contre les Anglais et qui croyaient l’attirer dans leur rayon d’influence voyaient dans cette décision politique d’Israël un geste contre eux. Ils considéraient Israël comme partie de l’Ouest et qu’il fallait le combattre. Depuis les pays de l’Est devenaient ennemis à Israël et faisaient de tout pour contribuer aussi à développer la haine contre les juifs. La Russie communiste et ses allies vendaient des armes de tout genre et les aidaient à utiliser ces armes et plus d’une fois des pilotes russes étaient abattus par l’aviation israélienne. C’était ainsi que nous apprenions que les Russes aidaient aussi certaines armées arabes.
Plusieurs pays européens ont eux aussi joué un certain rôle en manipulant les pays arabes à devenir leurs clients, croyant ainsi mieux servir leurs intérêts. Les simples arabes étaient troublés et ne voyaient plus qu’ils combattaient le seul peuple qui aurait pu justement les aider dans leur développement et leur expansion. Israël était le seul dans la région à pouvoir les sortir de la misère où ils se trouvaient. Hélas les Arabes étaient emportés par le nationalisme après la chute du roi Farouk. Les arabes avaient complètement oublié leur propre histoire et les siècles passés où les juifs étaient leurs seuls et meilleurs alliés. Ils avaient oublié l’inquisition où les musulmans et les juifs étaient persécutés et finalement chassés d’Espagne.
En Europe après la deuxième guerre mondiale et après que les Alliés avaient poursuivi les criminels de guerre et les avaient condamné, la haine contre les juifs somnolait, car chacun craignait la persécution personnelle des forces alliées, c’était même la mode en ce temps-là d’être l’ami des juifs et d’Israël. La haine antisémite n’avait pas mis longtemps pour ressurgir en Yougoslavie, particulièrement en Bosnie, à Kosovo cette fois-ci contre les musulmans. Tous ces mouvements négatifs m'attristent encore plus, car le monde a beau parler d'humanité, celle-ci restait bien sélective et changeait de visage du jour au lendemain. Un jour ce sont les uns que l'on tue, un autre jour ce sont les autres et demain on ne sait pas qui seront les victimes.
Il est juste d’admettre qu’Israël n’avait pas confiance en ses voisins arabes palestiniens et ceux-ci non plus n’avaient pas confiance en leurs voisins israéliens. Pour que la confiance se rétablisse, il faut que les deux parties reconnaissent qu’ils combattent un futur voisin et peut-être un futur allié mais pas un ennemi. Ils doivent créer le respect réciproque, ensuite vient la dignité, puis la confiance, qui sont les éléments prépondérants chez les arabes et même chez les juifs. Ici résident les ingrédients nécessaires pour l’interaction de toutes les parties en cause. Le manque de ces bases mène ces peuples et ces groupes à des réactions irrationnelles et même exagérées, que du reste je ne justifie pas. Ils se traduisent par des disputes, des révoltes ou même par des massacres. En Europe il a fallu que les Etats Unis d’Amérique interviennent à nouveau.
La vieille Europe n'a encore rien appris. Comme toujours les Européens jouent encore comme les enfants, chacun croit étendre le champ de son influence, ils osent encore critiquer les USA. De ma part ils ont beau critiquer les Yankees, mais ils doivent le reconnaître que le temps des gloires et des intrigues est passé. Ils n’avaient pas l’esprit de générosité que le simple Américain possède. La mesquinerie n’avance pas les choses. L’économie américaine fleurit justement grâce à la générosité et à la diversité des races, des couleurs et des religions, qui contribuent largement au progrès de l’Amérique.
Ce n’est pas important si les Américains s’entendent entre eux ou pas. Le plus important c’est que l’un ne dérange pas l’autre et que l’un achète de l’autre. Ces échanges commerciaux du plus petit jusqu’au plus haut niveau permettent aux Américains de différentes ethnies de se côtoyer et de se connaitre, alors qu’en Europe et ailleurs chaque religion ou nation croit que c'est maintenant leur tour de regagner leur grandeur d’un passé lointain ou plutôt d’un rêve que l’on traine et que l’on enseigne depuis des générations. Ce qui se passe aujourd’hui au Moyen Orient sont justement les résultats de ces gloires passées et de ces rêves que l’on prend pour une vérité. Le monde de demain ne ressemblera certainement pas à celui d'aujourd'hui. Il bouge constamment comme notre terre. Il se régénère peut-être, mais les peuples se détruisent parce que leur enseignement est resté en arrière accroché toujours aux gloires du passé.
Aucune paix ne peut être réalisée que par des signatures de traités ou par des guerres, l’homme doit murir et apprendre à accepter l’autre homme sans méchanceté et sans rancune. Je sais que mes paroles sonnent différemment dans chaque oreille mais tant que l’on considère son prochain comme un ennemi qu’il faut détruire et tant que l’esprit du sacrifice existe l’homme n’a rien compris. Je ne crois pas que le Divin aime les sacrifices ou les tueries. L'homme a besoin d'être actif pour construire. Mais il faut qu'il apprenne à diriger ses forces vers la vie constructive, vers l'harmonie, vers le bon et le beau. Il doit surtout apprendre à vivre avec les autres. La nature a mis devant nous plusieurs exemples.
Je garde malgré tout un profond espoir et une confiance mélangés avec une tristesse sourde. Le chemin est long, mais la créativité, la volonté et la sagesse humaines sont indispensable et ce sont elles qui l’emporteront. Je le souhaite du moins pour le bien-être des peuples qui vivent sur cette terre sacrée. Les peuples et les hommes finiront par comprendre qu'ils doivent vivre en harmonie. Les juifs, les musulmans et les chrétiens n’auront pas autre choix que de vivre ensemble en paix.
Copyright Emile Tubiana
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Jane