A travers les âges
A Travers les âges,
D’une civilisation à l’autre,
Pour le plaisir des yeux
Et de l’esprit,
Se dressent des monuments de grandeur,
Imposants et spacieux,
Fiers et ambitieux,
Comme les murailles de Chine,
Merveilleux et symétriques,
Comme les pyramides d’Egypte,
Elancés et superbes,
Comme des cathédrales,
Austères et inspirateurs...
Leurs dimensions peu communes,
Leur cohérence,
Comme leur fierté,
Nous renvoient,
Dans la nuit des temps,
A la marée humaine,
Qui,
Souvent pour rien,
A peiné et travaillé,
Pour la gloire
Des maîtres de l’univers.
Au fil des générations,
Dans un florilège
De proses,
Et de poèmes,
Avec faste,
Ces monuments de grandeur,
Sont chantés,
Ainsi que
Les puissants,
Les rois et les reines,
Les princes et princesses,
Les chevaliers et les nobles,
Ainsi que
Leurs descendants moins nobles
Qui y ont vécu,
Et en ont tiré des objets de fierté,
Mais,
Dans cette atmosphère
De joyeuseté,
Et de gloire,
Pas un mot de pitié,
Et de reconnaissance,
Pour ces hommes,
Ces femmes et ces enfants,
Sacrifiés à la conception,
Ainsi qu’à l’érection,
Dans l’espace et le temps,
De ces œuvres grandioses,
Brique par brique,
Roche par roche,
Livre de ciment par livre de ciment.
Alors,
Au nom de ces anonymes sacrifiés,
Prenons une minute de recueillement.