Une Ma'asia sur le Chofar de Kippour
Pour ceux qui ne savent pas ce que cela signifie : lorsque le rabbin sonne le chofar à la fin de la journée de Kippour, cela marque la fin de la prière et la fin du jeûne. Certains l'interprètent comme le pardon accordé par D' à la communauté.
Il y avait une fois un paysan qui avait sept filles et comme il n'avait aucun garçon pour l'aider, il était donc le seul à travailler ses champs. Le jour de Kippour les Juifs du village voisin s'étaient tous réunis dans la synagogue pour prier et demander pardon à D'. A la fin de la journée le rabbin devait sonner le chofar ; hélas les sons ne sortaient pas. Tous les habitants du village, présents dans la synagogue, se regardaient l'un l'autre, car en principe, si les sons ne sortent pas du chofar, cela veut dire que tout le village ou certains des habitants de cette communauté n'était pas propres et qu'un péché avait pu être commis, empêchant ainsi le pardon d'être accordé. Dans ce même moment le paysan qui labourait son champ s'était souvenu, que ce jour était le jour de Kippour. Il s'était mis au garde-à-vous en regardant le ciel et dit dans son cœur :
« Mon D', je m'excuse d'avoir oublié ce jour sacré, mais comme je ne sais ni lire ni écrire je te prie d'accepter mon silence comme prière. » En ce moment-là le chofar du rabbin avait fait sortir un son exceptionnel, de sorte que tous les présents se sont acclamés en disant :
« D' a accepté nos prières et nos supplications et il nous a tous pardonnés car notre communauté est propre. » Du coup, un vieil homme dont personne ne soupçonnait la sagesse se leva et dit : « Notre communauté est devenue propre grâce à la prière d'un paysan qui a les mains sales par le travail, mais dont le cœur était tellement propre, que les cieux se sont ouverts et que D' a accepté sa prière au lieu de toutes nos prières. » Un cœur propre en vaut toutes les prières.
Emile Tubiana