Saadani était mon arrière-grand-père du côté de ma mère et il était le père de ma grand-mère maternelle. Il était grand de taille et doux du cœur. Il était blond aux joues roses, mais il avait peur des compliments. Il avait une belle dentition, mais il aimait constamment se plaindre du mal de dents. Il aimait les bons plats, mais il ne mangeait jamais au regard même furtif du monde ou des membres de la famille. Il aimait l’air pur surtout quand il était à cheval. Il traversait les champs pour aller d’une place à l’autre. Il aimait raconter des histoires et il exigeait le silence pour continuer. Il n’aimait ni les mensonges ni les secrets. Il aimait son cheval et il prenait soin de bien le nourrir. Il adorait ses cinq filles mais encore plus sa femme Rahel. Il n’avait qu’un seul garçon et c’était son dernier enfant. Il gagnait sa vie paisiblement en allant aux foires régionales. Ses compagnons de route l’adoraient tellement il était aimable.
On reconnaissait toujours Saadani sur son cheval. Il aimait bien s’habiller. Il habitait le quartier judéo-arabe que l’on nomme E'in Esemch. Cette place de nos ancêtres se trouve au nord de notre ville. C’est un quartier où les Juifs et les Arabes vivaient en bon voisinage et en excellente harmonie. Les Juifs et les Arabes parlaient la même langue, l’arabe et le bédouin depuis des siècles. Ils avaient forgé ensemble plusieurs aspects de la culture tunisienne. On les distinguait uniquement par la religion et parfois par certains habits. Les Arabes respectaient les Juifs et les Juifs respectaient les Arabes.
Nous, les enfants, nous ne faisions aucune différence, nous jouions ensemble dans la rue, qui était notre place de rencontre, notre place de récréation et notre place de sport. Déjà lorsque j’étais très jeune je faisais des courses à maman et je marchais depuis notre maison qui était dans la rue Khaznadar, en passant par la rue Kheredine jusqu’à la maison de mes arrière-grands-parents, Rahel et Saadani, qui se trouvait justement dans ce quartier de E'in Esemch. Je me souviens que lorsque je croisais une personne âgée je devais lui dire : « Sbah El Kheir » quand c’était dans la matinée et je disais « Nharek Zein » dans la journée. Et si j’oubliais de saluer la personne, celle-ci m’interpellait pour me dire :
« Fils de qui est-tu, petit enfant ? » Le soir j’étais sûr d’avoir des reproches de papa :
« Tu croises une personne et tu ne la vois pas ? » C’est ainsi que j’avais appris les salutations en arabe. Lorsque j'avais atteint l’âge de neuf ans, papa et moi allions au “Hamam Sayalla” (bain turc), qui ne se trouvait pas loin de notre synagogue. Ensuite j'avais opté pour la synagogue d'E'in Esemch (l'oeil du soleil) qui avait été aménagée par le grand-père de Leila Fitoussi, dans une chambre au premier étage. Je passais près de la place du café Boutelja, puis par la rue Kheredine (Khyar Edine) où mon oncle Victor, puis Brahem et Chaloum Boukhobza avaient leurs magasins. Ensuite je continuais jusqu’à Bab el Ein et de là jusqu’à Ein Esemch Je calmais ainsi ma nostalgie des vieux temps et je satisfaisais mon plaisir d’être auprès de certains membres de la famille et auprès des amis que je connaissais et que j’aimais beaucoup. Je me sentais amplement récompensé par les chants liturgiques et par les bénédictions que j’obtenais de ces personnes âgées. Après la guerre nous passâmes à la rue François Faure-Dère, qui aujourd’hui est rebaptisée rue Habib Thameur.
Asa D Seeley, a young Afro American man, shares his struggle to leave his past behind as he reaches for his future. In his one-of-a-kind style, he searches for answers...from the visible & invisible. A Memoir in Poetical/Prose form.
For a time, I perched myself on a flat rock, comparing my life with the Guyandotte River. Just as its tributaries replenish it daily, changing it in some small—sometimes great—degree, so have the day-to-day occurrences of life changed me. Like the ri
The true story of Cheryl Pierson Cuccio who made headlines in 1986 and her husband Rob Cuccio. Cheryl was abused sexually and physically and Rob died for 43 minutes on Cheryl's 43rd birthday.