C'est la version française de l'ouvrage publié par lulu.com: "Harmony and Contrast, the female impact". C'est la première édition française
Le roman vise à montrer combien la vie se développerait harmonieusement, si des morveux et des méchants n’avaient pas l’intention de la compliquer initialement. Par analogie, Pierre Lejeune, le personnage principal de ce roman, a étendu l’idée de cette simplicité possible dont l’infirmière, « son ange gardien, au cours de son état comateux », lui a montré le chemin et il a pensé combien la terre serait merveilleuse sans l’existence de barrières inutiles inventées par nous-mêmes. En effet, dans la perspective de Pierre et de son infirmière, la simplicité paraît comme la clef de la réalité. Sans doute la simplicité devient une gageure pour la complexité de nos esprits avec leurs tendances à bâtir des théories compliquées. Car, toute chose prise en considération, la vie, par exemple, est relativement simple. Nous naissons, grandissons, humons de l’air frais, buvons, mangeons, vaquons à des activités variées qui ne demandent pas beaucoup de nous. D’ailleurs, tout ce dont nous avons besoin vient gratuitement de la nature...
Excerpt
La maison devint silencieuse, alors dépourvue de signification humaine.
Je m’allongeais sur le sofa, les yeux perdus au plafond. Et soudain je commençai à ressentir la nostalgie des moments délicieux tant goûtés avec Yolande, surtout avec le parfum de celle-ci qui imprégnait encore l’air, une fragrance qui m’avait souvent plongé dans un bain romantique.
Oh, la demeure, sans elle, se changeait en une tombe glacée.
En y pensant, cette demeure avait constitué notre unique univers, l’endroit où nous avons lâché bride à nos passions. Je ne me souviens pas du temps où nous l’avions laissé pour nous divertir.
Non, ce n’est pas tout à fait juste. Nous en étions sortis une fois pour nous amuser.
Peu de jours après la naissance de notre fils, nous étions vraiment fatigués de rester calfeutrés dans la maison. Le messager avait reçu son paquet, et nous n’attendions l’arrivée de personne. Nous prenions l’enfant et roulions en voiture, au gré de notre caprice. Nous nous aventurions au-delà de l’imposant Pont Georges Washington et d’un autre érigé à travers la plus large voie aqueuse, à ma connaissance.
Nous nous arrêtions dans une région inhabitée, un décor merveilleux que nous contemplions à perte de vue. Il n’y avait rien d’autre que des arbres, du gazon, des collines, l’horizon azuré et des vallées.
Nous nous asseyions sur le gazon. Yolande portait le bébé dans ses bras.
Il m’était donné pour la première fois de remarquer son instabilité (je dirais même, ses interminables métamorphoses). Par moments, elle trahissait soit une expression terne sur le visage, soit une expression joyeuse ; elle semblait être tantôt une femme soumise, lascive, tantôt sévère, disposée à m’étrangler. J’aurais été heureux de pénétrer les secrets de son esprit pour élucider la nature de ses forces conscientes et inconscientes ; ou j’aimerais qu’elle fût cristalline pour me permettre de suivre en couleurs vives ces changements qui s’opéraient en elle.
Soudain, elle se mit debout. Je fis de même. Je lui pris l’enfant des mains. Elle s’approcha de moi et me tint serré contre elle, comme une naufragée se saisirait de la seule bouée en vue.
Après un court instant, nous nous rasseyions sur le gazon. Nous nous regardions tendrement. Alors, apaisée et rassurée, elle s’allongeait dans les herbes touffues, dans un geste d’abandon. Elle semblait être heureuse et se donnait à la somnolence.
La vue de son corps merveilleux plongé dans le crépuscule me fascina. Tout en elle accusait une indéniable féminité : ses gestes anodins de lassitude, le grattement léger de ses sourcils avec des ongles impeccablement vernis, son sourire capricieux, sa respiration paisible et régulière, son effleurement de mon bras pour s’assurer de ma présence...
Pourquoi ne l’accepterais-je pas comme elle était, avec ses faiblesses ainsi que ses côtés positifs tels que son esprit d’invention, sa hardiesse, son penchant marqué pour l’aventure ? Pourquoi avais-je brouillé ses projets, sa manière de vivre, son insouciance ?
« Oh, femme charmante, avais-je songé ce jour-là ! Ce n’est pas ma faute si je te fais souffrir. Ce n’est pas ma faute si je suis un tueur de joie, un gaffeur. Je ne sais pas comment te rendre heureuse. Alors que tout en toi soupire après le bonheur. Je soupire aussi après la joie de vivre, sauf que nous ne sommes pas d’accord sur la façon de l’atteindre. Je ne crois pas dans la valeur absolue de l’argent. Toi, tu y crois. Tu vis dans le présent. Je vis pleinement dans le passé avec ses leçons de sagesse, dans le présent et l’avenir avec leur cortège d’espoirs. Je te propose et t’offre ce que ma personne est capable de récréer : mon intensité intérieure faite de transcendance, de spontanéité, d’optimisme. Elle est inépuisable. Elle peut toujours raviver mon amour pour toi. C’est tout ce que j’aimerais t’offrir. Mais je me demande si tu l’accepterais... »
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