L’homme merveilleux
Dans « La merveilleuse chronique d’un étranger »
L’homme merveilleux peut être n’importe qui vivant n’importe où, qui se croit civilisé et reste conscient de son statut. Alors, pour justifier sa nature civilisatrice, il ne sème pas la peur autour de lui. Il s’évertue à engendrer le sentiment de confiance chez les autres par le ton de sa voix et la posture de son corps, par ses gestes et ses actions.
Il croit dans les valeurs. Ses valeurs primordiales sont biologiques ; car, elles forment les matériaux de construction, la fondation de son être. Le corps représente le temple d’une personne. Sans un soin approprié, le mal l’envahira.
L’homme merveilleux combine l’idée d’un Dieu Aristotélicien, le premier geste créateur de l’existence et du mouvement, et la suggestion Sartrienne selon laquelle nous réalisons soudain notre présence dans le canot de la vie. Le mouvement initial nous pousse en avant ou en arrière, sans aucune garantie d’atteindre au bonheur. L’idée du voyageur égaré implique un effort personnel en vue d’effectuer une meilleure et plaisante navigation dans le processus de la vie.
L’homme merveilleux se souvient du conseil salutaire d’une philosophe, entre autres, Simone de Beauvoir : il y a des positions qui n’admettent pas de juste milieu, d’attitude intermédiaire. Ou bien nous sommes pour le triomphe du mal au sein de la société ou contre lui ; ou bien nous aimerions voir tout le monde satisfaire leurs besoins primaires ou bien nous désapprouvons une telle idée ; ou bien nous sommes en faveur de la haine, de la violence, des crimes, des préjugés, ou bien nous nous gendarmons contre eux.
Alors, sur le plan doctrinal, l’homme merveilleux se trompe difficilement. Il croit d’emblée que les hommes, les femmes et les enfants, sont ses frères, ses sœurs et ses enfants. Ils doivent avoir des caractéristiques et des qualités qui les font mériter son amour fraternel et paternel. Alors, il a l’obligation d’offrir une main secourable aux nécessiteux, aux désespérés; car, un dollar dans ma poche peut ne signifier presque rien pour beaucoup, mais il peut avoir la valeur d’une fortune pour le sans-logis. Nous n’avons pas besoin d’arriver à la gloire et d’acquérir la fortune pour apporter du baume dans le cœur des autres. D’ailleurs, la destinée ne nous garantit pas la prospérité et le rayonnement. En outre, beaucoup, quand ils arrivent au sommet de la montagne, souffrent d’une perte de mémoire.
Avec le temps, l’homme merveilleux possède un sixième sens lui permettant de saisir l’inexprimable chez les autres, ainsi que leurs besoins, et d’agir en conséquence. Comme il a dit à une serveuse, bénéficiaire de ses largesses :
« Mademoiselle, tu dois pratiquer le bien. Vers la fin du jour, tu éprouveras une grande joie pour avoir accompli ton devoir, en tant qu’être humain. »
Note : ce livre est dédié à tous les bienfaiteurs connus et anonymes de l’humanité, au cours de l’histoire.